
Les piliers représentent les trois millénaires mais aussi le passé, le présent et l’avenir.
Saint Léon quitte le deuxième millénaire pour nous guider vers le troisième.
Il est orienté vers son lieu de naissance : Les 3 châteaux d’Eguisheim.
C’est le sculpteur Colmarien Jean Luc Schické qui a réalisé la sculpture en bronze et les trois piliers en béton teinté. La bénédiction du monument a eu lieu en présence de Monseigneur KRATZ le Dimanche 19 Août 2012 à 17h.
Le Pape Léon IX
Bruno, né en 1002, l’un des neuf enfants de Hugues IV, était destiné au sacerdoce. Après avoir suivi ses études à Toul, il est devenu chapelain de l’Empereur Conrad II, son cousin, puis évêque de Toul en 1026.
Il a développé pendant son épiscopat une volonté de réforme de l’Eglise ainsi que l’idée de ne plus accepter l’ingérence de l’Empereur dans le domaine spirituel.
L’Empereur le désigne en 1048 pour être le nouveau pape. Son intronisation en 1049 marque un tournant de l’histoire de la chrétienté.
Voyageur remarquable, il entreprend des visites en Allemagne, en Lorraine, en Alsace et en Italie du Sud.
Il a réuni de nombreux synodes et conciles pour engager la réforme morale de l’Église en luttant contre la simonie et le nicolaïsme. Il a également largement travaillé à la restauration du pouvoir de la papauté en faisant apparaître sa conception de la centralisation de l’Eglise.
Soucieux de maintenir la prédominance de Rome sur les autres Eglises, il n’a pu éviter le schisme d’Orient qui sera consommé en juillet 1054, peu après sa mort le 19 avril 1054, après sa défaite devant les Normands en Basse-Italie.
Malgré cet échec, la papauté a retrouvé son prestige et sa popularité. La voie de la réforme de l’Eglise est engagée.
Léon IX sera canonisé peu après sa mort en 1087 par le Pape Victor III.
Les différents visages de Léon :













Les combats de Saint Léon

Suite à la conférence du 10 mars 2020 qui présentait la problématique des « Combats de St Léon IX » par Jean-Luc LORBER, curé d’Eguisheim, quelques outils pédagogiques ont été distribués au public dont vous trouvez ci-joint les textes.
Un premier fichier survolant les différents conciles et synodes présidés par le pape Léon IX durant son pontificat ;
un deuxième reprenant le récit du Concile de Reims, fait par Anselme de Saint-Remi, un témoin oculaire;
un troisième fichier sur le vocabulaire.
La deuxième partie de la conférence, qui est ajournée, nuancera le portrait du pape réformateur tel qu’il nous est présenté d’habitude et sera enrichi par la traduction à partir de 25 bulles pontificales écrites en latin de saint Léon IX par Jean-Luc LORBER.
Les synodes et les conciles
durant le pontificat de saint Léon IX
Synode de Rome (Latran)
Du 9 au 15 avril 1049, deuxième semaine après Pâques. Signature de 12 évêques (dont Halinard, archevêque de Lyon). Renouvellement et confirmation des ordonnances des quatre premiers conciles généraux. Déposition de plusieurs évêques simoniaques (dont Kilian de Sutri). Renouvellement de l’ordonnance de Clément II (synode de Sutri, du 20 au 23 décembre 1046) : tous ceux qui avaient reçu les ordres d’un évêque simoniaque qu’ils connaissaient pour tel seraient soumis à une pénitence de quarante jours, mais garderaient leur charge. Renouvellement des anciennes lois sur le célibat. Recommandation à tous les chrétiens de payer leurs dîmes à l’Église. Renouvellement à Eberhard, archevêque de Trèves, de la primatie sur toute la Gallia Belgica. Confirmation des privilèges accordés à l’Église de Trèves.
Synode de Pavie
Du 14 au 20 mai 1049, semaine de la Pentecôte.
Concile ou synode de Reims
Du 3 au 4 octobre 1049. 20 évêques, une cinquantaine d’abbés, un très grand nombre de clercs. Absence du roi Henri Ier, qui avait été invité et s’était excusé.
Première session, le 3 octobre 1049. Désir du pape d’extirper certains maux qui affligent la France, notamment la simonie, les mariages incestueux, le divorce, la bigamie, la sodomie, les vols, l’oppression des pauvres, diverses hérésies, l’usurpation des biens d’Église (autels et certaines charges) par des laïcs, l’abus par lequel des moines et des clercs abandonnent leur habit et leur état, l’habitude des clercs de faire la guerre. Demande expresse à chaque évêque de faire savoir s’il a obtenu sa charge par simonie ou s’il a conféré l’ordination à prix d’argent. Déclaration d’innocence de 15 évêques. Guy, archevêque de Reims, demande un délai. 4 évêques ne prêtent pas serment (Hugues de Langres, Hugues de Nevers, Geoffroy de Coutances, Budic de Nantes). Déclaration d’innocence de la plupart des abbés. Quelques abbés ne prêtent pas serment. Plainte de l’évêque Hugues de Langres contre l’abbé Arnould de Pothières pour inconduite notoire. L’abbé est trouvé coupable et déposé. À la fin de la journée, le pape somme les participants de ne pas quitter le concile avant la fin du troisième jour.
Deuxième session, le 4 octobre 1049. Déclaration d’innocence de Guy, archevêque de Reims : son serment, demandé par le pape, est différé jusqu’au concile de Rome qui se déroulera en avril 1050. Plainte du pape reprochant à l’archevêque de Reims d’avoir retiré l’abbaye de Montier-en-Der de l’autorité de l’évêché de Toul : l’affaire est repoussée jusqu’à la session du lendemain. Plainte du clergé de Tours reprochant à l’évêque Juhel de Dol de s’être séparé du siège métropolitain avec sept autres évêques et d’avoir usurpé le titre de métropolitain : l’évêque Juhel est cité à comparaître au concile de Rome, en avril 1050. Accusation portée contre Hugues, évêque de Langres : simonie, trafic de biens d’Église, port des armes, homicides, viols de femmes, violences sur des clercs, pratique de la torture, adultères, sodomie. Hugues de Langres demande à Hugues, l’archevêque de Besançon, de le défendre. Au moment de plaider, Hugues de Besançon est frappé de mutisme. Commis comme avocat, Halinard, archevêque de Lyon, reconnaît que l’accusation de simonie contre Hugues de Langres est fondée. Lecture du second canon du concile de Chalcédoine par le pape.
Troisième session, le 5 octobre 1049. Absence de l’évêque Hugues de Langres cité à comparaître au prochain concile de Rome. L’évêque Hugues de Nevers reconnaît que l’accusation de simonie portée à son encontre est fondée : il explique que les actes simoniaques ont été commis à son insu et remet sa charge. Le pape le fait jurer de sa sincérité et le rétablit dans sa charge. L’archevêché de Reims produit un privilège prouvant son bon droit sur l’abbaye de Montier-en-Der. On annonce que l’évêque Hugues de Langres a pris la fuite : il est aussitôt excommunié. L’évêque Geoffroy de Coutances réussit à prouver son innocence et est maintenu. L’évêque Budic de Nantes n’y parvient pas et est déposé. Il ne garde que le sacerdoce. Excommunication d’évêques et d’abbés cités au concile et absents sans avoir donné d’excuse canonique : en particulier, Gilduin, archevêque de Sens ; Drogon, évêque de Beauvais ; Foulques, évêque d’Amiens ; Raynaud, abbé de Saint-Médard (de Soissons). L’archevêque de Saint-Jacques en Galice est excommunié pour s’être arrogé le titre d’apostolicus. Publication de douze canons, dont le principal : « Nul ne doit s’arroger le gouvernement d’une église sans avoir été élu par le clergé et par le peuple » (canon 1). Excommunication de sodomites. Excommunication de nouveaux hérétiques en France. Excommunication de ceux qui acceptent une charge des nouveaux hérétiques ou de ceux qui les défendent. Excommunication des comtes Engelfroi et Eustache, en raison de leurs mariages incestueux. Excommunication du comte de Braine, qui avait abandonné sa femme légitime et en avait épousé une autre. Défense faite par le pape à Baudoin, comte de Flandre, d’épouser la fille de Guillaume, duc de Normandie. Citation à comparaître au prochain concile du comte Thibaud, pour avoir abandonné sa femme. Citation à comparaître au prochain concile de Geoffroy, comte d’Anjou, qui gardait prisonnier Gervais, évêque du Mans. Excommunication des profanateurs qui avaient déshonoré les reliques de saint Corneille, à Compiègne. Excommunication de tous ceux qui molesteraient les membres du présent concile.
Concile de Mayence
Du 19 au 21 octobre 1049. Présence de l’empereur Henri III. 40 évêques. Un plus grand nombre encore d’abbés et de clercs.
Rappel des canons précédents. Interdiction de la simonie et des mariages des clercs (évêques et prêtres). L’évêque de Spire, Sigibodo, accusé d’adultère, prouve son innocence par l’épreuve de l’eucharistie. Interdiction aux clercs de faire la chasse aux chiens et aux faucons, de gérer des affaires temporelles et de se prêter à toute espèce de négoce. Interdiction de forcer des hommes jeunes à entrer contre leur gré dans un monastère. Rappel de l’obligation faite aux clercs d’observer le jeûne des quatre-temps. Plainte du clerc Bertald, qui reproche à l’archevêque Hugues de Besançon d’avoir usurpé son siège. Bertald est débouté et menacé d’anathème. Hugues de Besançon est confirmé dans sa dignité archiépiscopale. Discussions entre évêques. Nomination de Bardo, archevêque de Mayence, comme légat apostolique.
Synode de Salerne
Mars 1050.
Mesures prises contre la simonie, le parjure et les mariages défendus par l’Église.
Synode de Siponto
Avril 1050.
Déposition de deux évêques simoniaques.
Synode de Rome (Latran)
Avril 1050. Ouverture du synode le 29 avril 1050. 55 évêques, 3 cardinaux-diacres, 32 abbés.
Discussions à propos des erreurs théologiques de Bérenger de Tours, relatives à l’Eucharistie. Bérenger, suspect d’hérésie (niant la Présence réelle et ne voyant en l’Eucharistie qu’une simple figure), est excommunié. Il est cité à comparaître au prochain synode de Verceil pour s’expliquer sur sa doctrine et venir à résipiscence.
Condamnation de Juhel, évêque de Dol et de ses suffragants, absents au synode : condamnés pour simonie, ils sont excommuniés et déposés.
Renouvellement des mesures contre la simonie et le concubinage des clercs.
Publication, le 2 mai 1050, de la bulle pontificale annonçant la canonisation de Gérard, évêque de Toul (963-994).
Synode de Verceil
Septembre 1050. Ouverture du synode le 1er septembre 1050.
Condamnation de Bérenger de Tours, absent, parce qu’emprisonné par le roi de France.
Excommunication de Humfried, archevêque de Ravenne.
Publication, le 7 septembre 1050, de la bulle pontificale confirmant les privilèges de l’abbaye Saint-Victor de Marseille.
Synode de Rome (Latran)
Avril 1051, à l’issue des fêtes de Pâques.
Excommunication de Grégoire, évêque de Verceil, pour adultère et parjure.
Discussion sur la question de la validité des ordinations conférées, même gratuitement, par des prélats simoniaques. Le pape ne tranche pas.
Règlement du conflit entre l’évêque de Sabine et l’abbaye de Farfa.
Synode de Mantoue
Février 1053. Avec les évêques de Lombardie.
Le pape désirait rétablir la discipline ecclésiastique, la plupart des évêques présents étant simoniaques et mariés. Lors de la première séance, le 21 février 1053, les serviteurs des évêques se mettent à molester les serviteurs du pape. Ce dernier interrompt la séance. Le lendemain, après un interrogatoire sévère, le pape se résout à absoudre les coupables et met fin au synode.
Synode de Rome (Latran)
Avril 1053, à l’issue des fêtes de Pâques.
Confirmation des privilèges du patriarche de Grado, la nouvelle Aquilée, qui se voit accorder les droits de métropolitain sur la Vénétie et l’Istrie, tandis que l’évêque de Forjulium (Frioul), où s’était réfugié le patriarche d’Aquilée, doit se contenter du territoire des Lombards.
900e anniversaire de la mort de Léon IX
Replongez en 1954 dans les rues d’Eguisheim pour revivre les festivités mises en œuvre à l’époque…
Un montage réalisé par Jean Jacques Bollack :
Pour en savoir plus :
Société d’histoire de Sainte Croix en plaine
